Soit environ :
J14 – jeudi 24 mai (suite)
Après notre repas, nous quittons Hildale à 13h45 et, après avoir refait le plein de carburant et d'eau, nous entamons la longue piste
de Toroweap. Nous avons deux buts dans cette zone, Tuckup Canyon et ses pictographes qui sont parmi les plus anciens des USA
puis Toroweap pour le lever de soleil sur le Colorado.
Cette piste a la réputation d'être très dure pour les pneus ; d'après les rangers du parc, 25% des véhicules ont crevé au moins une fois.
C'est pourquoi j'ai acheté notre kit de réparation et le compresseur.
Le début de la piste est très facile, très roulant et nous croisons même plusieurs semi-remorques.
Après une cinquantaine de kilomètres, peu après Findlay Knolls, nous bifurquons sur la gauche puis, après environ 13 kilomètres où la
piste en est vraiment une (sableuse, assez large pour seulement une seule voiture), nous nous arrêtons ayant atteint la limite du parc
national du Grand Canyon. N'ayant pas de permis pour la nuit, il est fortement recommandé de ne pas dormir dans le parc, l'amende pouvant
être très salée. Nous trouvons un emplacement idéal, pas très loin de la piste, dans la forêt assez clairsemée de pins et de genévriers.
Visiblement nous ne sommes pas les premiers à utiliser cet endroit ; il est 16h et la température est de 26°C.
J15 – vendredi 25 mai
Nous quittons notre emplacement à 6h52 et, sitôt franchi les limites du parc, la piste devient cahoteuse, rugueuse, bref pas très
agréable et souvent les branches frottent les côtés de la voiture. Nous sortons de la forêt et la piste redevient agréable même si
quelques passages sont délicats. Les derniers miles avant le trailhead de Tuckup Canyon sont même carrément pénibles.
Nous arrivons à 7h40 et la température est très clémente (14°C), ce qui devrait être agréable pour la rando.
Nous démarrons la rando à 8h05 avec un vent fort et beaucoup de nuages ; cette rando est donnée pour 5,5 km et 537 mètres de
dénivelé . La descente est longue et assez raide et Isabelle en a rapidement
marre et me laisse partir devant.
Tuckup Canyon - descente (17 photos)
J'arrive à 10h15 et cherche un accès au panel de pictographes car il est situé en hauteur, plusieurs mètres au-dessus du wash et il
faut escalader un peu. Isabelle me rejoint
15 minutes plus tard avec 7,75 km au podo, nos pas étant plus petits que lors de la calibration.
Ce panel de pictographes est appelé Shamans' Gallery ou encore Gordon's Panel du nom de son découvreur, Gordon Smith, en 1986.
Il serait l'un des plus vieux des USA, certains le datant d'environ 1 000 ans avant notre ère.
On trouve très peu d'informations sur la situation de ce panel mais, à force de persévérance, j'ai fini par le localiser. Ensuite, j'ai
trouvé quelqu'un qui a confirmé mon point. C'est donc serein que j'ai commencé à chercher.
Shamans' Gallery (23 photos)
Ce panel est vraiment magnifique et je ne regrette pas du tout d'être venu jusqu'ici, même si la montée reste encore à venir
, mais ce n'est pas tout à fait la façon de voir d'Isabelle (tout ça pour ça !).
On y trouve, pêle-mêle, de nombreuses figures humanoïdes, des animaux, des scènes de chasse, dans des teintes pas du tout courantes.
De l'avis de spécialistes, ce panel ne serait pas de style Barrier mais plutôt Grand Canyon Polychrom. Pour plus d'informations,
voici 2 liens sur le sujet :
Nous quittons le panel à 11h20 et entamons la loooongue remontée, toujours avec un vent très violent ; le thermomètre doit maintenant
dépasser les 20°C. Quelques arrêts photos plus tard (pour souffler un peu)
, pause collation et boisson, et après un dernier effort, nous arrivons à la voiture avec, au podo, 14,120 km ; qui a raison, le podo ou
la carte ? Isabelle enrage, n'ayant pas du tout aimé cette rando : « tout ça pour ça ! ». Il est 14h34 et le thermomètre
indique 24°C.
Finalement, après nous être bien désaltérés et un peu reposés, il faut bien avouer que cette rando nous a tout de même procuré de superbes
paysages. Pratiquement tous les sites qui décrivent cette rando la donne comme "stenuous" (éprouvante) à cause du dénivelé (537 mètres)
mais nous avons eu la chance de bénéficier d'une température finalement pas trop élevée et, malgré notre manque certain d'entrainement,
les quelques efforts déployés depuis notre arrivée nous ont permis de surmonter l'obstacle .
Tuckup Canyon - remontée (36 photos)
Nous repartons à 14h55, franchissons la limite du parc à 15h36, soit 41 minutes pour 12,2 km, cela montre l'état de la piste. On
rejoint la piste principale à 15h55 et, après une pause rafraichissement, continuons la descente vers Toroweap. Avec le vent, des grosses
touffes d'herbe (virevoltants ou Salsola tragus) traversent la piste comme dans les westerns
. Nous faisons une petite halte (16h42) chez les rangers mais il n'y a personne
(toilettes sèches) ; nous en repartons à 16h51. Comme précédemment, depuis que nous sommes re-rentrés dans le parc, la piste est à nouveau
rugueuse à tel point que, parfois, on irait plus vite à pied ; pas étonnant que sur cette piste 25% des véhicules crèvent au moins une
fois
(statistique des rangers). Nous arrivons à Toroweap campground à 17h15.
Les 3 premiers emplacements sont occupés et, pour atteindre les suivants, il faut descendre, avec la voiture, une marche d'au moins 60
centimètres. Après inspection approfondie, je renonce et continue à pied. À l'emplacement suivant, j'entame la discussion avec son
occupant, Chuck ;
le camp est complet mais il nous offre, sans même que je lui demande, de partager son emplacement : sympa, non ! Mais, lorsque je lui
explique que nous dormons dans la voiture et que je n'ose pas descendre la « marche », il se propose de venir et de me guider, me
rassurant en disant que ça passe tranquille. Et effectivement, quelques minutes plus tard, c'est passé, avec tout de même quelques petites
frayeurs, notamment lorsque, sur 3 roues (dixit Isabelle qui observe de dehors et immortalise le moment sur vidéo), freins bloqués,
la voiture continue tout de même à descendre sans me demander mon avis.
Arrivé sur son emplacement, je propose un verre à Chuck qui refuse tout, bière vin, apéro ; il rigole quand je lui demande s'il est
mormon, mais non, il ne boit pas de boisson alcoolisée, c'est tout. Le vent est tellement violent qu'il a quitté sa tente et que sa
femme et lui sont à l'arrière de leur voiture.
Moi qui pensait aller faire quelques photos dans les alentours ; nous les imitons, tellement le sable soulevé par le vent se faufile
partout (un bon force 6 ).
J16 – samedi 26 mai
Réveil à 4h du matin, une des très rares fois où nous faisons sonner le téléphone ; un peu dur mais le soleil ne va pas nous attendre
. Nous passons très vite, et le plus en silence possible pour ne pas réveiller nos
voisins, notre voiture en position jour et partons vers l'overlook à 4h30. Le passage délicat de la veille l'est encore plus de nuit ;
Isabelle descend pour me guider, grimpe en haut de l'obstacle mais, soit je suis sur le plat, en bas et je ne la vois pas, soit mes roues
avant sont montées et les phares éclairent le ciel. À la troisième tentative ratée, je décide d'essayer en force et ça passe, raclant
un peu quand même
. La piste est toujours aussi rugueuse pour arriver au bord du
Grand Canyon et cela semble pire de nuit mais nous finissons par arriver à l'ancien campground.
Nous empoignons appareils et pieds photos et partons à la recherche d'un endroit satisfaisant où déballer notre matériel. Nous pensons
avoir trouvé l'endroit optimal et commence alors l'attente de l'aube, du lever du soleil, moment où tout peut se magnifier. Mais, en
plus du vent glacial qui nous gèle, le ciel se couvre d'un épais plafond de nuages et le doute s'installe, grossit et finalement,
nous devons nous rendre à l'évidence, ce ne sera pas aujourd'hui que nous ferons LA photo à Toroweap
. C'est déprimant d'avoir fait tant de kilomètres pour ça.
Retour à la voiture à 6h pour notre petit déjeuner ; et là, c'est rageant : le soleil se montre. Nous repartons sur la rim pour quelques
photos, même si l'aube est passée.
Toroweap (40 photos)
Nous partons pour Page à 7h45 (12°C) et doublons 2 voitures de photographes arrêtées sur le bord de la piste (un des deux véhicules
est une berline ; gonflé le gars vu l'état de la piste). Plus loin, 5 mules-deer galopent non loin de nous. À 8h26, nous faisons une brève
halte aux toilettes des rangers. Après être sortis du parc, la piste devient très roulante et nous pouvons accélérer jusqu'à 60 mph dans
les lignes droites. Nous arrivons sur la 389 à 9h43 soit pratiquement 2h pour 95 km.
Au niveau de Cliff Dwellers, la route longe les Vermillon Cliffs ; c'est tout simplement magnifique. Les bas-côtés ne sont
pas en reste :
festonnés de graminées vertes, crèmes et roses qui chatoient en ondulant sous l'effet du vent toujours aussi puissant.
Nouvel arrêt au VC de Navajo Bridge pour acheter les ouvrages repérés à l'aller et nous repartons à 11h49 (23°C) ; le vent impétueux
soulève des nuages de poussières. Après Navajo Pass, l'horizon est masqué d'un voile rosâtre, du sable en suspension ; cela nous
change du brouillard breton
.
Nous arrivons au Debbie's à 12h34 avec 22°C. Accueil très sympathique, vidage de la voiture, connexion internet, lessives (machine à
laver et à sécher sont à notre disposition) et transfert de photos sur Picasa pour nos « suiveurs » dont certains de VF.
Le logement que nous avons retenu est plus qu'une chambre, c'est un appartement complet : cuisine équipée, séjour, chambre et sdb. Le
séjour a 2 canapés et il y a du couchage supplémentaire. Bref, nous avons bien aimé ce logement, même si le prix est un peu élevé
(mieux pour une famille). Un peu plus tard, nous allons refaire le plein de notre garde-manger.
Dans la soirée, nous partons manger au Fiesta Mexicana (on peut y aller à pied), recommandé par nos amis de LA et nous ne regrettons pas,
nous y reviendrons d'ailleurs quelques jours plus tard. Dodo à 21h20.